Tintin, reporter de « L'Écho illustré », au pays des Helvètes

Étude hors commerce, Charmey, 2003, 221 p. + 19 p. (postface de 2011).

Présentation :

 

Cette étude retrace pour la première fois l'intégralité des parutions de l'œuvre d'Hergé dans l'hebdomadaire catholique romand L'Écho illustré, de 1932 à l'aube du vingt-et-unième siècle. Ce périodique suisse est le seul à avoir suivi Tintin dans toutes ses pérégrinations, de Tintin au pays des Soviets à Tintin et les Picaros, alors qu'en Belgique ou en France, aucune revue n'a publié l'ensemble de la série dans sa continuité. L'étude insiste en particulier sur les transferts culturels de la Belgique à la Suisse, notamment l'helvétisation de Tintin, parmi d'autres modifications apportées par la rédaction genevoise. Elle met aussi le doigt sur l'importance du réseau de la presse confessionnelle dans l'internationalisation de Tintin. Deux annexes la complètent, l'une proposant une synthèse sur les liens entre Hergé et la Suisse, l'autre révélant l'amitié épistolaire ayant uni Hergé et le publiciste romand Jack Rollan suite à la censure du journal Tintin sur sol vaudois en 1953.

 

Une postface de 2011 met à jour certaines hypothèses ou données à partir des plus récents travaux biographiques sur Hergé.

Ce travail peut être consulté à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg ou à la Bibliothèque publique de Bulle.

Comptes rendus :

Tintin ent​reprend en 1932 une collaboration avec l'hebdomadaire catholique L'Écho illustré, qui se poursuivra sans interruption pendant presque soixante ans, jusqu'en 1990. L'Écho illustré est même le seul journal au monde qui ait publié la totalité des aventures de Tintin, jusqu'à trois reprises pour certaines d'entre elles. Et la rédaction de Genève n'hésite pas à s'approprier le petit reporter, raturant les dessins pour faire de Tintin un journaliste suisse de L'Écho illustré, à l'époque où Hergé n'avait pas encore gommé la belgitude de son personnage. […] Ce qui conduit à une situation abracadabrante dans la fameuse scène [de Tintin au Congo] où Tintin donne un cours de géographie à des petits Congolais : il leur parle de « votre patrie : la Suisse », carte au tableau noir à l'appui, inventant du même coup un statut de colonie suisse au Congo ! Ce qui ne semble gêner personne à l'époque. Plus tard, Hergé gommera la difficulté en passant à une leçon d'arithmétique. Tous ces détails, et une foule d'autres, sont exhumés par une remarquable étude, Tintin reporter de « L'Écho illustré » au pays es Helvètes, impeccablement réalisée par un jeune collégien de 17 ans de Charmey (Fribourg) […].

Ariel Herbez

Le Temps, 3 janvier 2004

Parmi tous les pays visités, la Suisse est un endroit à part pour Tintin et Hergé, son créateur mort en 1983. La relation commence au début des années 1930 et passe invariablement par L'Écho illustré, le magazine qui a fait découvrir Tintin aux jeunes Romands. Hergé, Tintin, la Suisse : une triangulation dont les interactions ont inspiré au Charmeysan Jean Rime, 17 ans, une étude complète et pointue […]. Les débuts de Tintin en Suisse sont « chaotiques ». Trop longue, sa première histoire, publiée en 1932 (Tintin au pays des Soveits), est amputée de la moitié de ses quelque 140 pages. Le globe-trotter perd également son identité de reporter belge au service du journal Le petit XXe pour devenir suisse et travailler à L'Écho illustré. Cette appropriation permet une identification plus facile par les lecteurs romands. Il en sera de même en France et au Portugal. Mais le procédé a ses limites et conduira à certaines contrevérités historiques : Tintin enseignera à une classe d'élèves noirs du Congo belge que leur patrie colonisatrice n'est autre que... la Suisse. […] Certaines histoires sont même publiées sous des noms qu'Hergé ne leur avait pas donnés (Tintin en Arctique, pour L'Étoile mystérieuseTintin au Maroc, pour ce qui va devenir Le Crabe aux pinces d'or, etc.). […]  Il faut dire que, dans son étude, le Charmeysan a scrupuleusement noté chaque modification, illustrant toutes les variations par l'image et montrant aussi avec précision l'évolution d'une œuvre et de son créateur.

Romain Meyer

La Gruyère, 4 janvier 2004

Jean Rime, 17 ans, est un vrai fervent de Tintin : ce jeune habitant de Charmey a écrit l'an dernier une véritable anthologie des rapports entre le héros belge et la Suisse. Titrée Tintin reporter de « L'Écho illustré » au pays des Helvètes, l'étude détaille sur plus de 220 pages les relations étroites qu'Hergé a entretenues, en particulier, avec L'Écho illustré. Ce mémoire passionnant et exhaustif, abondamment illustré, révèle un vrai talent de reporter.

Albert Longchamp

Écho Magazine, 15 janvier 2004

Bien écrit, fondé sur une multitude de renseignements, bien présenté, [cet essai] n'ennuie jamais et permet aux tintinophiles de tout poil de découvrir quelques aspects cachés de la carrière - et de l'existence - d'Hergé.

Jean-Marie Apostolidès

Stanford University

Très bien documenté, rigoureux, vivant, joliment illustré... [ce] travail est assurément intéressant à plus d'un titre.

Philippe Goddin

Biographe d'Hergé

C'est un beau travail, riche, documenté, qui recèle plus d'une surprise.

Benoît Peeters

Biographe d'Hergé

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